un drôle de conte
Un drôle de conte

Le chat botté

Charles perrault s'est inspiré d'un conte traditionnel italien de Giovanni Francesco Straparola, mais en ce XVIIè siècle où les artistes, peintres, écrivains, musiciens donnaient un sens énigmatique à chacune de leurs oeuvres, ses contes prennent alors une dimension philosophique et initiatique incontournable.

Comme beaucoup de légendes, d'histoires fantastiques, les contes ont aussi plusieurs niveaux de compréhension. Les auteurs ou la tradition populaire ont souvent imprégné ces récits de symbolisme caché. Ceci est particulièrement vrai pour le Chat Botté.

Mais reprenons depuis le début:

« Un meunier, laisse à chacun de ses trois fils un héritage: à l'aîné un moulin, au second un âne et pour le plus jeune un chat ».

Trois images symboliques: un capital construit (moulin) pour l'aîné, un outil (âne) au second fils, enfin au cadet, l'héritage peut-être le plus important que tout père laisse à son fils, un héritage culturel, intellecturel et spirituel, symbolisé par le chat.

Cet animal est souvent associé à la magie, au lien entre deux mondes. On lui prête une vie intérieure réfléchie, sans doute par son regard, lourd de silence. Coeur, Raison et Esprit, un héritage que le fils doit "activer" pour lui donner toute sa valeur. Il fabrique donc des bottes au félin, et lui donne un sac :

« Ne vous afligez point, mon maître, vous n'avez qu'à me donner un sac et me faire une paire de bottes pour aller dans les broussailles...».

Nous avons compris que le fils du meunier et le chat n'était qu'une seule et même personne. Ils (il)se mettent donc en route, pour une moisson bien particulière: une Quête.

Il sait, comme son père lui a appris, qu'il faut donner pour recevoir. Il chasse et offre le produit de sa chasse au Roi. On retrouve la notion de sacrifice, d'abstinence et de don de soi propre à toute recherche d'élévation personnelle .

Mais voyons la suite: Les étapes que nous retrouvons illustrent le parcours classique des postulants aux initiations : mourir pour renaître.

« ...baignez vous dans la rivière... ». ne serait-ce pas une purification ?

Puis la fausse Mort: « au secours!, mon Maître se noie!...».

et enfin la Renaissance: « ...Qu'on aille quérir mes plus beaux habits pour Monsieur le Marquis!...».

Pendant ce temps le chat prépare le chemin du nouveau Maître et s'apprête à affronter les forces du Mal (l'Ogre, égoïste Cronos qui mange ses enfants). Le Mal, c'est aussi la maîtrise des sciences de la matière et de la transmutation,
« ...On m'a assuré que vous pouviez vous changer en toute sorte d' animaux!...»

du macrocosme (le lion) et du microcosme (la souris) .

De ce combat alchimique, le chat sort vainqueur. Cette victoire lui apporte la Connaissance :
« Il s'empare du château de l'Ogre ... ».

et épouse la fille du Roi qui lui ouvre les portes du Pouvoir et du lignage.

Ateliers
Les automates et les scènes animées

Les tableaux d'Armand Langlois

Le bestiaire fantastique de Janie Langlois

Les Fresques en trompe-l'oeil

2007 Tristan Langlois